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La CERI (Communauté européenne de la recherche et de l’innovation) et le CNRS : faux procès et vrai projet

7 mai 2008

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Réponse de Laurent Fabius aux affirmations selon lesquelles sa proposition de créer une Communauté européenne de la recherche et de l’innovation (CERI) conduirait à la disparition du CNRS.

La France va présider l’Union européenne au second semestre 2008. Dès novembre 2007, j’ai proposé qu’elle porte à cette occasion le projet ambitieux et concret d’une Coopération Européenne de la Recherche et de l’Innovation (CERI), nouveau moteur du développement.

Certains s’inquiètent de ce que la CERI signerait la disparition du CNRS et pourrait porter atteinte à l’indépendance des chercheurs français. Ces craintes sont totalement injustifiées, au point que l’on peut s’interroger sur les motivations de ceux qui les expriment. Je tiens en tout cas à apporter les précisions suivantes.

Dans la mondialisation, recherche et innovation sont les clés de notre avenir. Tout le monde le dit, mais on ne propose rien de concret. M. Sarkozy et son gouvernement se contentent d’une approche comptable, destructrice et sans vision.

Avec la CERI, je propose de faire de la recherche une vraie priorité stratégique. Cela se résume en trois mots : renforcer, simplifier, valoriser.

Renforcer la recherche, d’abord, en augmentant ses moyens. La CERI disposerait d’un budget commun, bien plus conséquent que ce qui existe actuellement, alimenté par une ressource propre. Ce budget serait géré par la communauté scientifique, à travers une autorité indépendante qui aurait vocation, à terme, à se substituer à ses équivalents nationaux - l’ANR en France -, tout en préservant évidemment les organismes tels que le CNRS. La CERI sera responsable du financement des projets de recherche. Cette mise en commun permettra une démultiplication des effets par une meilleure coordination européenne entre toutes les structures de recherche. Chaque Etat restera, bien entendu, maître de la gestion et de l’organisation de ses propres structures de recherche. Seuls changeront les modes de financement des projets, d’une manière qui renforcera l’efficacité et l’autonomie des chercheurs, puisqu’ils détermineront eux-mêmes les priorités.

Simplifier, ensuite, l’ensemble du système. Dans le labyrinthe actuel, les chercheurs passent trop de temps à remplir des dossiers de subvention - pour des sommes bien souvent modiques. Les politiques nationales de recherche sont fragmentées, peu coordonnées, quelquefois divergentes voire concurrentes. Je propose d’en finir avec ce morcellement, ce saupoudrage, cette non-Europe.

Valoriser, enfin, le statut des chercheurs et des étudiants. Je propose trois éléments simples mais décisifs : que les droits sociaux -retraite, santé, chômage- soient transférables dans tous les Etats-membres de la CERI. Qu’un poste ouvert, où qu’il soit, soit accessible aux chercheurs d’un autre Etat-membre. Et qu’un fonds de mobilité apporte un soutien financier notamment aux étudiants post-doctorants.

Le détail du projet de CERI est disponible sur mon site internet. J’invite les membres de la communauté scientifique intéressés à le consulter pour le discuter et l’enrichir. Chacun pourra constater que mon objectif n’est évidemment pas de supprimer le CNRS ou d’attaquer l’indépendance des chercheurs. Il est de renforcer la recherche, d’en améliorer l’efficacité et de proposer aux chercheurs un statut plus stimulant, plus valorisant et plus sécurisant.

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Laurent Fabius sur Europe1 dimanche 7 marsMentions légales | Plan du site