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Rassemblement, engagement clairement à gauche et solidité doivent faire pencher en faveur de Martine Aubry
27 octobre 2008
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Retrouvez ci-dessous la vidéo et le script de l’interview de Laurent Fabius au Soir 3 du 26 octobre 2008.
On va d’abord revenir sur quelques éléments de l’actualité que l’on a vu tout au long de ce journal. Rachida Dati, tout d’abord, en difficultés avec les syndicats de magistrats. La grogne monte. Est-ce qu’on est dans une période de crise entre le monde de la justice et leur ministre ?
Sûrement. La difficulté vient à la fois de la politique qui est menée et de la manière dont Madame Dati la mène. Moi-même je l’avais accueillie à Rouen il y a quelques mois, où elle venait pour supprimer un certain nombre de tribunaux, et pour dire les choses de manière courtoise, j’avais été plus frappé par son souci de voir les photographes que par sa compétence.
Autre élément de l’actualité, Dominique Strauss-Kahn blanchi par le FMI. Vous avez déclaré que c’était une bonne chose, comme tout le monde ce soir, mais est-ce que ce genre d’affaires ne peut pas lui nuire dans la suite de sa carrière politique en France ?
Je ne crois pas. A partir du moment où cette affaire est finie, elle est finie.
Ce n’est pas le genre de choses qui ressort lors de campagnes électorales ?
Je ne crois pas. C’est fini. Parfait.
Nicolas Sarkozy doit donc annoncer des mesures en faveur de l’emploi, après-demain dans les Ardennes. Quelle est sa marge de manoeuvre ?
En fait, il y a trois crises. C’est ce qu’on ne voit pas toujours en ce moment. Il y a la crise financière, dont on parle beaucoup, et le gouvernement agit, on peut contester tel ou tel point mais il fallait agir. Il y a la crise économique, et là-dessus le gouvernement pour le moment n’a pas fait grand chose. Et puis il y a la crise sociale, sur laquelle le gouvernement n’a rien fait du tout : pouvoir d’achat, etc. Donc, on va voir ce que le Président de la République dit, mais je crois qu’il faudrait relancer, soutenir l’économie à la fois au plan européen et au plan français. Au plan européen par une baisse des taux d’intérêt, par un grand programme d’investissement, et sur le plan français à la fois en faisant en sorte de reprendre le budget, qui ne correspond plus à rien, et puis en soutenant le pouvoir d’achat. C’est ça que j’attends du Président.
Vous parliez de crise financière. Nicolas Sarkozy est sur tous les front en ce moment : en Asie, il va bientôt aller à Washington, il a réuni les dirigeants européens. Est-ce que avec son action la France revient au premier plan ?
Dans les discours, oui, et puis on verra les résultats. Il y a des actions qui ont été engagées sur le plan financier qui sont pertinentes, mais je trouve que d’une part il y a un contraste entre cette demande de régulation au plan international et ce qui se fait en France, et qui est le contraire puisqu’on casse tout ce qui est service public, y compris, d’ailleurs, dans l’audiovisuel, et d’autre part je pense que, s’agissant des banques, on ne leur demande pas assez de contreparties.
Venons-en maintenant à l’actualité du Parti socialiste, parce que dans quelques jours, les adhérents et les militants du Parti socialiste vont devoir choisir entre plusieurs motions. La vôtre, c’est celle de Martine Aubry.Sur quoi peuvent-ils bien faire la différence ?
Je crois qu’il y a trois choses importantes, et qui doivent faire pencher en faveur de Martine Aubry et de tous ceux qui sont autour d’elle. Premièrement, la notion de rassemblement. Le Parti socialiste meurt de ses divisions. Les divisions sont détestables. Or, Martine Aubry est la seule, c’est incontestable, qui ait rassemblé des personnes dont Dominique Strauss-Kahn, dont moi, dont d’autres, qui n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble. Cela fait dix mois que l’on travaille ensemble en pensant au futur, et ce rassemblement-là est nécessaire si l’on veut sortir des divisions internes.Premièrement, donc le rassemblement. Deuxièmement, un engagement clairement à gauche ! S’agissant de Martine Aubry, il n’y a pas de contestation possible : son analyse de la crise, ses positions pour l’emploi, le pouvoir d’achat.
Est-elle plus à gauche que Bertrand Delanoë ?
Ecoutez, je ne vais pas porter de jugement sur tel ou tel. En tous cas, elle ne confond pas libéralisme et socialisme. Et troisièmement, la solidité. Quand vous regardez les grands ministres des affaires sociales depuis 20 ans, Martine Aubry en fait partie.
Vous parlez des 35 heures ?
Les 35 heures, la CMU, et puis tout ce mouvement de rééquilibrage de la Sécurité sociale. Donc je crois qu’elle est bien placée, avec beaucoup d’autres, pour diriger le Parti socialiste dans la période qui vient parce qu’on va avoir besoin de quelqu’un clairement à gauche, qui rassemble, et qui soit solide.
Merci Laurent Fabius.
