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Interventions

Une proposition pour l’emploi et la formation des jeunes : les emplois sécurité-insertion

30 janvier 2006

Le gouvernement Villepin-Sarkozy cherche à imposer à tous les jeunes un contrat précarité exclusion (CPE). Après le CNE, il s’agit d’un nouveau coup de boutoir dans le droit du travail, avant la disparition du CDI programmée à l’été 2006. Socialistes et républicains, nous refusons la société précaire, nous voulons une France solidaire. C’est le sens du nouveau dispositif que je propose pour l’emploi et la formation des jeunes : « les emplois sécurité insertion ».

1) Là où le gouvernement et l’UMP prônent la précarité et l’exclusion, le PS propose la sécurité et l’insertion pour l’emploi durable des jeunes.

Le chômage des jeunes frappe massivement les jeunes les moins qualifiés. Une action prioritaire doit être menée en leur faveur. Le CPE ne répondra pas à leurs besoins : en ne leur permettant pas d’acquérir une qualification, il les maintiendra éloignés du marché de l’emploi

Au contraire, le dispositif « emplois sécurité insertion » vise à garantir au jeune une insertion durable dans l’emploi grâce à la sécurité que constitue une véritable qualification. Tous les acteurs seront mobilisés : l’Etat, les régions, le service public de l’emploi et les entreprises.

2) Les emplois sécurité insertion et l’indispensable concertation avec les partenaires sociaux.

-  L’entrée dans le dispositif garantira une rémunération et donnera accès aux droits sociaux attachés aux autres formes de contrat de travail.

-  Elle sera précédée d’un bilan des savoirs et des compétences acquis et de la construction d’un projet de parcours professionnel.

-  Pendant toute la période sous contrat, le jeune sera accompagné par un conseiller « référent » de l’ANPE ou d’une mission locale. Les moyens du service public de l’emploi seront renforcés en conséquence. Les services sociaux pourront si nécessaire être associés à la démarche.

-  Les entreprises qui accueilleront ces jeunes bénéficieront d’une aide financière, sous forme d’exonération de charges. Cette aide sera majorée et prolongée en cas d’obtention de la qualification professionnelle prévue et d’embauche en CDI à l’issue du contrat. Une surtaxation du travail précaire et un réexamen des compensations actuellement attribuées aux entreprises (22 milliards d’euros) dégageront les ressources nécessaires à son financement.

-  Dans les entreprises où cela se justifie, la formation du jeune sera soutenue par un salarié « sénior », afin d’encourager la transmission d’expérience et la solidarité entre les générations dans un contexte de départs en retraites massifs.

Alors que le gouvernement veut imposer le CPE sans aucun dialogue social préalable, ce dispositif fera l’objet d’une négociation interprofessionnelle sur l’emploi des jeunes, qui sera lancée dès le début de la législature. Cette négociation nationale sera ensuite déclinée au niveau des branches professionnelles. Les régions, collectivités territoriales chefs de file en matière de formation, participeront activement à la mise en œuvre de ce nouveau dispositif.

10 ans après les emplois jeunes dans le secteur public, qui ont permis de mettre le pied à l’étrier à des dizaines de milliers de jeunes et que la droite a supprimés, les « emplois sécurité insertion » doivent permettre à des centaines de milliers de jeunes d’accéder à une véritable qualification et à un emploi durable dans le secteur privé.

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