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Pour l’instauration du principe "délocalisateur-payeur"
11 octobre 2006
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Dépêche AP.
CONFLANS-SAINTE-HONORINE, Yvelines (AP) — Laurent Fabius a proposé mercredi l’instauration d’un principe "délocalisateur-payeur" pour pénaliser les entreprises qui partent s’installer à l’étranger. "Il y avait un principe pollueur-payeur. Il faut introduire un principe délocalisateur-payeur", a déclaré le candidat à la candidature socialiste lors d’un déplacement à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).
Fidèle à sa ligne "clairement à gauche", Laurent Fabius a préconisé la mise en place d’un "dispositif d’alerte" qui permettrait "en cas de délocalisation visible ou invisible de saisir un médiateur qui étudierait avec la direction de l’entreprise, les syndicats, des solutions alternatives".
L’ancien Premier ministre a suggéré par ailleurs que la loi prévoie un maintien de taxe professionnelle des entreprises qui délocalisent "pendant deux ou trois ans" pour aider les collectivités locales. Il a aussi proposé que la charge du reclassement des salariés victimes des délocalisations incombe aux entreprises par le biais de la Sécurité sociale professionnelle qui figure dans le projet du PS.
Laurent Fabius a proposé la mise en place au niveau européen d’une "fourchette" pour limiter les écarts d’impôt sur les sociétés entre les différents pays, ainsi qu’une "réforme politique de change de l’euro". "L’euro est trop cher, ce qui a des conséquences très importantes sur le mouvement de délocalisation", a déploré l’ancien ministre de l’Economie, en citant l’exemple d’Airbus.
Lors de ce point presse à la mairie de Conflans, où il était venu pour tenir une réunion sur le thème de la sécurité, M. Fabius a refusé de commenter les propositions de Ségolène Royal sur l’Europe, faites en début d’après-midi lors d’une conférence de presse. "Je n’ai pas étudié ce texte", a-t-il répondu lorsqu’il a été interrogé sur les déclarations de la favorite des sondages sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Ségolène Royal a déclaré que son opinion sur ce sujet "est celle des Français".
L’ancien Premier ministre n’en a pas moins adressé quelques piques à sa rivale, en ironisant notamment sur ses exigences pour les débats télévisés qui opposeront à partir de mardi prochain les trois candidats socialistes. "Il ne faut pas que ce soit la télé avant l’ORTF", a-t-il raillé.
Le député de Seine-Maritime a aussi critiqué les propositions de sa rivale sur la lutte contre l’insécurité, accusant Mme Royal de "courir" derrière Nicolas Sarkozy. "Nous ne devons pas courir après de fausses solutions qui ont montré leur inefficacité", a-t-il dit.
"Candidat du projet socialiste", Laurent Fabius a insisté sur la nécessité de concilier "prévention, action et sanction". Il a proposé la création d’un conseil national de sécurité intérieure présidé par le Premier ministre, et décliné au niveau local par des "conseils départementaux de sécurité".
