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Laurent Fabius : le changement à gauche pour une société forte parce que solidaire

24 octobre 2006

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Retrouvez l’intégralité du second débat entre les présidentiables socialistes, consacré aux questions de société.

Laurent Fabius sort renforcé du second débat entre les présidentiables.

Cliquez ici pour consulter la lettre d’information de Laurent Fabius du mercredi 25 octobre 2006, qui revient sur le débat.

Vidéo du débat

Soucieux de permettre un vrai choix démocratique au sein du Parti socialiste, www.laurent-fabius.net retransmet l’intégralité du second débat entre les présidentiables socialistes.

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Bilan du débat

Laurent Fabius est le seul à prendre des engagements précis pour un changement à gauche.

Le débat d’hier a montré un Laurent Fabius défendant avec force les principes républicains, la laïcité et les services publics. Laurent Fabius est le seul qui prend la mesure de l’urgence sociale et en fait sa priorité. Il propose un renouvellement profond des institutions pour que la politique réponde à l’aspiration du peuple, résolve les problèmes et prépare l’avenir du pays.

Comme un chef d’Etat moderne il prend des engagements précis pour le court terme (pouvoir d’achat, logement, sécurité) et s’engage dans une vision confiante mais lucide et volontaire de l’avenir.

-  Rénover la démocratie, cela consiste à mettre en place une vraie démocratie parlementaire, dotée de vrais contrepouvoirs efficaces. Cela ne consiste pas à jeter la suspicion sur les élus, ni à se contenter de propositions gadgets. Ségolène Royal n’a pas parlé des institutions. Et quoiqu’il prétende aujourd’hui, Dominique Strauss-Kahn est partisan d’un régime présidentiel.

-  Si Laurent Fabius n’en avait pas pris l’initiative, la question de la laïcité n’aurait pas été abordée (thème retiré du débat à la suite d’une intervention de la direction du Parti socialiste). Or la laïcité est un pilier de notre République et de nos valeurs socialistes. Il est vrai que Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, quoiqu’ils en disent aujourd’hui, étaient contre la loi sur les signes religieux à l’Ecole, alors que cette loi a été proposée par Laurent Fabius.

-  Si Laurent Fabius n’en avait pas parlé, les services publics n’auraient pas été abordés. Or comment parler des banlieues et de l’égalité entre les territoires sans rappeler le rôle clef des services publics : éducation, transport, police, énergie, poste, internet, eau, etc. « Les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’ont aucun patrimoine » a dit Laurent Fabius. Voilà pourquoi on ne peut aujourd’hui se présenter devant les électeurs de gauche sans des engagements précis dans ce domaine.

-  Sur l’Education, Laurent Fabius a été le seul à parler des enseignants. Conformément au projet socialiste, il a indiqué qu’il augmentera massivement les moyens destinés aux enfants en difficulté, en assurant notamment le soutien scolaire gratuit. Non à la marchandisation de l’Ecole. Mais il a été surtout le seul à dire clairement qu’il faudra, en discutant avec eux, revaloriser le métier d’enseignant. Rénover l’Ecole, cela se fera d’abord avec les enseignants. Laurent Fabius a également précisé son objectif d’une plus grande mixité sociale, alors que la suggestion de Ségolène Royal sur la carte scolaire, aboutirait en fait à supprimer toute mixité.

-  Pour les Universités, Laurent Fabius a dit clairement que l’Etat ne peut se défausser de sa responsabilité sur les régions (proposition de Ségolène Royal) ou sur les entreprises (proposition de Dominique Strauss-Kahn). Le faire, cela porte un nom : les partenariats public-privé, mis en œuvre par Tony Blair en Grande-Bretagne, et qui sont l’objet aujourd’hui de critiques presque unanimes.

-  Laurent Fabius est le seul à dire partout et à tout le monde la même chose, aux Français comme aux militants socialistes. Pas de double discours. Ségolène Royal, pour sa part, fait des propositions discutables pour faire parler d’elle, et dans un second temps explique que ce n’est pas vraiment ce qu’elle a voulu dire. Ce n’est pas de cette façon que l’on rénove la politique, ni que l’on établit sa crédibilité.

Trois exemples : les jurys de citoyen de surveillance deviennent de simples conseils de quartiers ; les camps militaires deviennent de simples chantiers humanitaires ; l’idéal de suppression de la carte scolaire devient une simple révision de la sectorisation. Imagine-t-on une campagne présidentielle menée de cette façon ? Où sont les propositions précises, où est la cohérence du discours ? A l’inverse, quand Laurent Fabius avance une idée (SMIC à 1500 €, EDF public, réforme des institutions), non seulement il la maintient jusqu’au bout, mais en plus elle figure dans le projet !

De même, Dominique Strauss-Kahn « gauchit » significativement son discours devant les militants.

Sincérité, vision, propositions précises et crédibles pour rendre la France plus forte et plus solidaire, plus forte parce que solidaire : voilà ce que l’on attend d’un Président de la République de gauche.

Verbatim : les principales déclarations de Laurent Fabius

Jurys de citoyens

(...) Je ne suis pas d’accord avec cela. Pourquoi ? Evidemment, il faut que les élus rendent des comptes, mais la plupart le font. Mais lorsqu’on dit qu’il faut mettre sous surveillance les élus, c’est du coup introduire une distance, une méfiance. (...) Surtout, il ne faut pas épouser une espèce de populisme qui serait extrêmement dangereux et qui ferait le lit de l’extrême droite.

Carte scolaire.

(...) D’abord, il faut accroître l’encadrement scolaire dans les zones en difficulté, ça, c’est concret ; garantir, dans les ZEP en particulier, un soutien scolaire après la classe ; donner une place accrue à l’éducation physique et artistique, développer la prise en charge massive de la petite enfance. (...) L’éducation, c’est décisif. Le premier projet, le premier budget, le premier sujet. Maintenant, sur l’enseignement supérieur, il y a beaucoup de choses à changer, en particulier il y a un effort financier à faire parce que, aujourd’hui, nous sommes au tiers par étudiant des Etats-Unis, ce qui est absurde, alors qu’on sait que c’est là la ressource humaine, c’est là la clé du futur... (...)

Quand un étudiant est obligé de travailler pour ses études, il a 40 % de chances en moins de réussir et il faut donc créer cette allocation d’autonomie. (...) Quant à la question de l’autonomie, (...) j’entendais, Ségolène, qu’il faudrait une régionalisation des universités. Je ne suis pas d’accord. Il faut bien sûr qu’on donne plus de poids aux régions, mais il faut une péréquation nationale et que l’Etat affirme que les diplômes ont une valeur nationale.

Quant à Dominique, tu avais dit que, s’il y a une chaire pour l’énergie, EDF pourrait subventionner cela. Je suis pour la souplesse, mais pas pour remplacer le financement public par un financement privé et régional.

Famille(s)

La droite aime la famille. La gauche aime et soutient les familles, c’est la grande différence. (...) Il est très important, pour mettre à égalité les hommes et les femmes dans la famille, les femmes qui ont des revenus et celles qui n’en ont pas beaucoup, que l’on fasse une politique très importante de garde des enfants. (...)

Deuxièmement, je crois qu’il faut faire un effort très important en direction de ce que l’on appelle pudiquement les familles monoparentales, le plus souvent des femmes avec des enfants qui sont dans une situation extrêmement difficile. (...)

Troisièmement, nous devons honorer le projet qui est le nôtre d’élargir le pacs et d’avoir une politique d’égalité entre les couples hétérosexuels et les couples homosexuels.

Légalisation du mariage homosexuel et de l’adoption

C’est ma position. Il faudra en convaincre l’opinion, ce n’est pas facile. (...) Un couple homosexuel avec des enfants, c’est une famille. Ce qui est important, c’est le sort et le bonheur des enfants. (...)

Immigration et régularisation

Je vais prendre un exemple que j’ai vécu samedi dernier à Rouen, chez moi. (...) Un monsieur, un Congolais, est venu et c’était extraordinairement émouvant. Il a dit ce qu’il vivait : il est arrivé en France en 1984, depuis il a toujours travaillé. Il a rencontré une femme, originaire de son pays, qui est venue en France en 2002. Et, en 2003, ils ont eu un enfant, qui est donc né en France. Ce monsieur qui est aide-comptable restera en France. Son enfant, qui est né en France, restera en France. Et sa femme vient de recevoir un arrêté d’expulsion au motif que le père pourrait s’occuper seul de l’enfant. Je n’accepte pas cela ! Je crois que c’est Rocard qui disait cela, il avait raison : on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Mais enfin, la France, c’est la France, bon dieu ! Il y a des cas où il faut faire preuve d’humanité et de générosité. (...) L’immigration, c’est un atout ! Regardez quelle est l’évolution des peuples d’Europe. Si nous n’avons pas une certaine immigration en France, en Italie, en Espagne, comment allons-nous pouvoir payer nos retraites. (...)

Discriminations

Je pense qu’il faut avoir une politique d’égalité et être beaucoup plus actifs dans tous les domaines. (...) Il faut donner des pouvoirs de sanction plus forts à la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), que les gens sachent que ça existe. Il faut pratiquer ce qu’on appelle le testing, parce que, là encore, une personne noire, ou avec un faciès de couleur, en France, titulaire d’un CDI, a dix fois moins de chances de trouver un logement qu’une personne blanche. Ça, c’est inacceptable. Et on arrive à une chose dont on n’a pas parlé, c’est la question de la laïcité. Pour moi, la laïcité, c’est le joyau du joyau du joyau. (...) La loi de 1905 qui sépare l’Eglise et l’Etat, qui interdit à des collectivités de financer des lieux de culte, il faut la maintenir. M. Sarkozy n’est pas un républicain comme nous, c’est un communautariste : c’est-à-dire qu’il voudrait qu’il y ait côte à côte des communautés, ici les protestants, là les juifs, là les musulmans, etc. Vous vous rappelez sa fameuse formule : "Je nomme M. X... préfet musulman." Ce n’est pas possible ça. On nomme des préfets parce qu’ils ont la compétence pour être préfets, qu’ils soient musulmans, catholiques, protestants, juifs ou rien du tout. (...)

Banlieues

(...) Lorsque je regarde ce qui nous est arrivé depuis deux trois ans avec ce gouvernement, c’est le serrage de vis dans tous les secteurs. Qu’on ne me dise pas que la droite et la gauche, c’est la même chose ! Il est tout à fait vrai que ce qui se passe aujourd’hui dans les banlieues n’est pas seulement né des provocations inacceptables de M. Sarkozy, qui est un pompier pyromane. (...) Il y a une espèce de langage que je n’accepte pas qui consiste à dire, les jeunes, c’est nécessairement de la racaille, des gens sans espoir. Cela n’a aucun sens. Les jeunes sont magnifiques dans ce pays. Certains se comportent mal, il faut les sanctionner. Mais il ne faut pas perdre toute espérance. La France a besoin d’être forte en étant solidaire et cela repose sur la jeunesse. (...)

Encadrement militaire des jeunes primo-délinquants

(...) L’encadrement militaire, non. Les militaires ont beaucoup d’autres choses à faire. J’ai cru comprendre que, maintenant, c’était de l’encadrement humanitaire. C’est autre chose. (...) Savez-vous combien il y a de primo-délinquants chaque année ? 48 000. Dire que ces 48 000 vont faire tous de l’humanitaire... C’est un peu compliqué. (...) Avant qu’il y ait la prison ou autre chose, il faut des forces de sécurité. Et, là, une faute majeure a été commise par M. Sarkozy et son équipe : supprimer la police de proximité. Il faut la rétablir. Quand vous envoyez une compagnie de CRS dans un quartier qu’ils ne connaissent pas, comment voulez-vous qu’ils fassent ? (...) C’est quand même bien plus positif d’avoir des forces de police qui connaissent les milieux dans lesquels ils interviennent, qui connaissent les personnes et qui soient connues de ces personnes plutôt que de créer un affrontement détestable. (...) Il faut créer un Conseil national de la sécurité intérieure auprès du premier ministre qui gère tout cela. C’est difficile évidemment. (...)

Présidence de la République

Si je suis désigné et élu président de la République, il y aura deux changements majeurs. Le premier, c’est dans le contenu de la politique. Décisions d’urgences sociales : emploi, logement, éducation, santé. Tout de suite. Décisions de long terme pour avoir une recherche qui repart, une compétitivité qui repart, pour tenir dans les situations de crise. C’est aussi cela le rôle du président de la République. Tenir ferme pour relancer l’Europe sociale. Un deuxième changement : la fondation d’une République parlementaire nouvelle.

(...) Quant au président de la République, il doit être chargé du long terme, il doit tracer la voie, il doit savoir anticiper, décider, résister. (...) Si je suis investi puis élu, le critère du succès sera celui-là, à savoir qu’à la fin de mon mandat les jeunes aient repris confiance dans leur avenir, et dans le destin de la France. Cela mérite qu’on y consacre toute sa vie.

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