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Rencontres et déplacements
Laurent Fabius survitaminé pour son dernier meeting
15 novembre 2006
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Près de Rouen, mercredi soir, Laurent Fabius tenait sa dernière réunion de campagne avant le premier tour du vote des militantes et des militants socialistes. Il a appelé les adhérents "à ne pas faire ce qu’attend Sarkozy", c’est-à-dire désigner Ségolène Royal.
Environ 750 militants de l’agglomération de Rouen se sont retrouvés mercredi soir pour assister au dernier meeting de Laurent Fabius dans son fief de Seine-Maritime.
Le gymnase Henri Wallon de Petit-Quevilly, à deux pas du bureau où Laurent Fabius est installé depuis trente ans, était surchauffé. Les militants sont venus conforter leur choix.
"A partir du moment où j’ai suivi tous les débats, je viens ce soir écouter mon candidat. Mon choix, il y a maintenant plusieurs fois qu’il est fait, c’est Laurent Fabius", expliquait Marie-Françoise de la section de Bois-Guillaume. "Ce que j’aime avec Laurent Fabius, c’est qu’il défend des idées de gauche, moi je me reconnais dans cette politique", confiait Hélène, une étudiante.
"Laurent président", scandait militants et sympathisants lorsque celui que l’on appelle tendrement "le chef" est entré dans une salle surexcitée sur l’air d’"Il est temps à nouveau" de Jean-Louis Aubert.
Plusieurs jeunes adolescents de Grand-Quevilly sont venus le voir. Ces jeunes issus de cité croient en ses promesses. "Vous savez nous, on est Français", insistent Mohamed, 14 ans, et Abdel Kader, 16 ans. "On a une carte d’identité et Laurent Fabius c’est le seul qui nous soutient. Lui, on y croit, il va barrer la route à Sarko."
D’entrée, Laurent Fabius est survitaminé. Il pousse sa voix avec confiance, devant un public tout acquis à sa cause. "Si tout se passe comme nous le souhaitons d’ici peu de mois, le titulaire de la présidence de la République aura changé. Et j’espère bien, comme vous, que c’est celui qui vous parle qui sera appelé à le remplacer !"
Et de tacler ses compétiteurs, à l’issue de "cette campagne interne que certains trouvent un peu longue et que pour ma part je trouve un peu courte, qui a juste pour objet de nous mettre et de me mettre en jambe pour affronter la vraie campagne".
C’est en grand gagnant que le député PS de Seine-Maritime s’est inscrit mercredi soir. En un peu plus d’une heure, il a retracé ses divergences et ses points forts, revenant sur les débats, dont il pense être sorti renforcé.
"Plus c’est compliqué, plus il est dopé. Il est infernal, vraiment c’est quelque chose, je ne l’avais jamais vu comme cela. C’est avec ses tripes qu’il parle", analysait Jean-Paul.
Après un chapitre consacré aux services publics et à sa volonté de les renationaliser - "c’est le projet socialiste que j’appliquerai si je suis élu" -, Laurent Fabius a dit son attachement la laïcité.
"Nous voulons que la République soit égale pour tous et la laïcité en est le premier ciment", a-t-il déclaré.
Il a balayé les accusations de sexisme, affirmant que "la première atteinte qui est faite (à la femme) et l’une des plus graves est de lui imposer le voile. Marianne, la figure de la République ne peut être voilée".
Taxé d’anti-européen, le député de Seine-Maritime a assuré que la République serait "parlementaire et pro-européenne" et a ironisé sur ses compétiteurs qui ont trouvé le projet de traité "magnifique" et qui devront défendre le contraire pour respecter la décision du "peuple souverain".
"Ce sera une République pro-européenne qui n’ira pas baiser la babouche du président américain", a-t-il déclaré, faisant allusion à la récente visite de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis.
L’ancien Premier ministre a reconnu avoir changé au cours des années mais au plan "des propositions" et non "des valeurs".
"Il ne faut pas que l’Etat disparaisse. Nous voulons que l’économique et le financier passent après la dimension humaine", a-t-il affirmé sous les applaudissements.
Le candidat des 35 heures, du pouvoir d’achat, du SMIC réévalué et de la laïcité a fini de convaincre ses militants dans son propre fief. Et c’est en candidat de gauche que Laurent Fabius s’est décrit. Laurent Fabius a adressé ses derniers mots aux nouveaux militants, les exhortant à "battre Nicolas Sarkozy et, pour ce faire, à choisir le rassemblement de la gauche. Et, le seul candidat capable d’opérer le rassemblement de la gauche, c’est celui qui vous parle ce soir".
