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Principales interventions à l’Assemblée nationale entre 2002 et 2008
19 décembre 2002
Question au gouvernement du 19/12/2002
M. Laurent Fabius. Monsieur le Premier ministre, au cours des dernières semaines, vous avez été interrogé à plusieurs reprises sur l’éventuel remplacement du directeur de la Caisse des dépôts. Vous n’avez pas souhaité vous exprimer sur le fond. Ce matin, la décision est tombée : par décret du Président de la République, le directeur général a été remplacé.
Comme le disait en son temps M. à propos de ce qu’on appelait « l’état RPR », cela pose le problème de l’état impartial.
La Caisse des dépôts est, en effet, responsable de la gestion des fonds d’épargne de dizaines de millions de Français. Elle détient le premier portefeuille d’actions, elle est le premier intervenant pour le logement social.
Il est donc particulièrement important que la nomination de son directeur général soit impartiale. Personne n’a évoqué une quelconque incompétence, au contraire. Le directeur général remplacé a réussi, dans le consensus, une réforme difficile de la Caisse, et il lui a donné une dimension européenne.
Il n’y a donc que deux explications. Ou bien vous voulez changer le rôle et le fonctionnement de la Caisse des dépôts, mais alors, il faut dire clairement ici, dans un débat au Parlement - et nous combattrons cette orientation -, que vous voulez, par idéologie, remettre en cause un instrument public utile, avec des conséquences négatives sur les PME, les collectivités locales, les épargnants et les personnels.
Ou bien, ce qui n’est pas incompatible, vous refusez qu’un homme compétent puisse occuper durablement un poste de cette importance, dès lors qu’il ne partagerait pas vos opinions.
Monsieur le Premier ministre, il existe deux sortes de sectarisme, tous deux critiquables. Le premier avance à visage découvert, et il est condamnable, parce qu’il est contraire à l’intérêt général. L’autre est un sectarisme aimable, ou plutôt patelin. Il parle la main sur le coeur, il invoque volontiers le passé, il sort parfois de ses gonds lorsqu’il est piqué au vif, il mobilise pour sa défense un contre-exemple de nomination alibi, là où il y a vingt exemples avérés de nominations partisanes. Ce sectarisme, en réalité implacable, récuse même ses alliés proches. Il veut pour lui tous les pouvoirs, tous les médias, mais, comme il est dissimulé, il ajoute souvent l’hypocrisie à l’intolérance.
Ma question est simple : auquel de ces deux sectarismes votre décision se rattache-t-elle ?
