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Rencontres et déplacements
En déplacement en Isère pour soutenir les candidats, Laurent Fabius appelle les socialistes à se montrer "offensifs et unis"
23 mai 2007
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Sur l’antenne de France 3 Grenoble, il a poussé un coup de gueule. Retrouvez cette interview.
Interview, en compagnie de Didier Migaud, sur le plateau de France 3 Grenoble
Article publié dans Le Parisien sur ce déplacement
PLUTOT discret depuis le 6 mai, Laurent Fabius a poussé un « coup de gueule » hier à Grenoble, où il était venu soutenir les candidats socialistes. Alors que la direction du PS semble aborder les législatives comme on va à l’abattoir et que certains de ses dirigeants sont déjà dans la bataille d’appareil qui suivra les élections, Fabius a choisi la ligne « responsable ». Tout au long de la journée, il a appelé les socialistes à se montrer « offensifs et unis » : « Les électeurs ne veulent pas de nos divisions, ni de notre défaitisme », martèle-t-il. A cet égard, il aurait volontiers participé hier soir au meeting de Bordeaux au côté de François Hollande... si on l’avait prévenu à temps. « En plus, ils ont dit à mes copains de Bordeaux que je serais là avant même de m’en parler », confie Fabius, comme accablé par les petites manoeuvres de la rue de Solferino. La préparation du meeting du Zénith à Paris, mardi prochain, lui inspire la même désolation : « C’est du niveau Monsieur, il m’a piqué ma gomme », regrette-t-il, alors que se négocient temps et ordre de parole entre ténors. Quant aux propos de Hollande hier sur la direction du PS, ils s’attirent ce propos ironique de Fabius : « C’est sans doute ce que les Français veulent entendre en ce moment... »
« Il n’y a pas de combat perdu d’avance »
Dans l’Isère, Fabius est d’abord venu soutenir ses « amis ». C’est-à-dire ceux de son courant, comme le député sortant Didier Migaud. André Vallini, autre homme fort du département, proche de Hollande, n’est pas là pour l’accueillir. Michel Destot, proche de Dominique Strauss-Kahn, si. Fabius argumente contre « l’hyper-présidence » de Nicolas Sarkozy et en faveur de la « présidence équilibrée » sur laquelle déboucherait une victoire du PS le 17 juin. Pour Fabius, « il n’y a pas de combat perdu d’avance, seulement des combats qui ne sont pas livrés ». Dans l’après-midi, une vingtaine de personnes, militants ou sympathisants, sont venues dialoguer à la terrasse d’un café avec le député de Seine-Maritime. Ils donnent raison, par leurs questions, à son positionnement « offensif et uni ». « Quand on écoute le PS aujourd’hui, on entend des gens qui se situent dans une non-représentation à l’Assemblée. Je ne sais pas si c’est une bonne chose », doute l’un d’eux. « Vous avez raison, lui répond Fabius. La question qui est président pour cinq ans ? est réglée, mais pas celle pour faire quelle politique ? Par exemple, je ne suis pas persuadé que les Français veuillent la disparition de la carte scolaire. Nous n’avons aucune raison d’être défaitistes. » « On sent qu’au sommet du PS il y a des dissensions. Comment voulez-vous qu’on se rassemble derrière vous ? » l’interroge une dame, faisant référence aux propos anti-Hollande de DSK. « Pour ma part, je ne me suis pas situé là-dedans », souligne Fabius. Faisant allusion aux « responsabilités des uns et des autres » dans la défaite du 6 mai, il glisse : « L’histoire les établira. » Un militant lui rappelle qu’il est arrivé en tête de la primaire dans sa section et lui demande : « Comptes-tu devenir leader du PS ? » « Chaque chose en son temps, sourit l’ancien candidat. Nous sommes socialistes, il faut que nous nous habituions plus à dire nous et moins je . On a d’abord besoin d’avoir un collectif. » « Responsable » jusqu’au bout.
Nathalie Segaunes
