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Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Texte d’une proposition de loi "relative au droit de finir sa vie dans la dignité" rédigé par un groupe de travail à la demande de Laurent Fabius. Bouleversé par la souffrance de Vincent Humbert et de Chantal Sébire, Laurent Fabius a réuni il y a plusieurs semaines ce groupe de travail. Ce texte est une contribution au débat et au travail parlementaire à venir nécessaire pour humaniser notre droit, dans lequel Laurent Fabius compte s’impliquer personnellement.

Vos réactions

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 15:52:32
Message de: Louis

Avec les lois actuelles notre corps ne nous appartient pas ! quand, pour une raison bonne ou mauvaise, l’état décide une mobilisation il dispose de votre corps pour en faire de la chair à canon, vous lui appartenez, mais si vous même vous voulez en disposer c’est interdit ! ma viande et mes nonos sont à moi, je dois pouvoir en faire ce que je décide ce n’est pas à une tierce personne politique ou déiste d’en avoir la propriété !

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 16:08:10
Message de: deeb site : Coma profond ?

Bravo Laurent pour ce texte courageux.

Mais, peut-on imaginer que dans la même situation, le droit à être plongé dans un coma profond puisse être accordé ? Les frais médicaux incombant à l’Etat par souci d’égalité. Ce serait, bien sûr, faire porter un poids considérable à la famille (travail de deuil, etc), mais si cette dernière est prête à ce sacrifice ?

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 16:31:29
Message de: FAUQUET

Au début de la seconde moitié de l’article 2 , lire " le résultat de ces constatations..." Il ne faut pas oublier que Mme Rachida Dati est probablement sous l’influence des groupes réactionnaires anti -IVG (ou a de la sympathie pour ces groupes)lorsqu’elle s’exprime officiellement. La proposition est donc particulièrement bien venue !

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 17:11:26
Message de: Gilles-Olivier Silvagni site : Sans garantie du gouverbement

Souvenez-vous de ce que disait Rousseau, lorsqu’il s’agit de légiférer : d’abord écartons les faits...afin de ne pas légiférer dans l’émotion et le particulier.

La loi Léonetti a été votée dans le silence assourdissant d’une très suspecte unanimité. A l’époque, à l’exception de cet article ci-dessous dans une revue prestigieuse mais fort discrète de philosophie, personne n’a nélevé la voix contre cette loi mal faite mal pensée et trop bien votée.

S’il est un domaine dans lequel il est dangereux de légiférer, c’est bien celui-là.

Méfions-nous de l’émotion qui fait faire de mauvaise loi.

http://leportique.revues.org/document595.html

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 18:04:36
Message de: Manu 76

Avec les nouvelles technologies dont nous disposons, ne peut-on pas se servir aussi des documents vidéos enregistrés pour faire valoir son choix de fin de vie ? ce serait encore plus incontestable que tous les écrits.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 18:24:59
Message de: alyarot

Rien sur la mise en oeuvre pratique de l’acte, un médecin ? la personne elle même comme en Suisse où un breuvage est préparé et que le patient doit prendre lui même ou une perfusion que le patient doit ouvrir lui même, il faut savoir que dans ces conditions environ 50% des demandeurs renoncent à passer à l’acte ce qui doit nous faire réfléchir.En effet le simple fait de savoir que l’acte est possible est souvent rasurant pour le patient et l’aide à supporter ce qu’il pense insupportable.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 18:27:10
Message de: Apolline site : Ces visages horrifiants de suppliciés

J’ai été amenée à donner des conseils juridiques il y a plusieurs années, à une famille dont le fils, un magnifique jeune homme de 18 ans en pleines forces, s’était noyé à la piscine en jouant à un concours "d’apnée". Les tentatives de réanimation avaient fait "repartir" son jeune coeur solide, mais néanmoins, son cerveau était presque totalement détruit et présentait au scanner une image dense. J’ai vu ce scanner et des photos de ce bel enfant au lendemain de sa noyade ... et celles du même tout jeune homme, SIX MOIS plus tard, dans la même position, sur le même lit d’hôpital, transformé en cadavre vivant, cheveux hirsutes, même bouche ouverte mais dans un visage décharné horrifié et horrifiant ... on n’avait pas eu le droit de le "débrancher" ... ses parents n’avaient pas pu non plus "débrancher leur espoir" : ils étaient devenus fous, mettaient à leur fils un walkman sur les oreilles, prenait pour un suivi cet impressionnant mouvement tournoyant des yeux dont j’avais bien appris par mon prof de médecine légale, qu’il est un réflexe et non un regard ... Je ne pourrai jamais oublier cela. Mourir dans la dignité est un droit de la personne qui souffre qui veut pouvoir dire au-revoir à ses proches et leur permettre une meilleure acceptation d’une terrible séparation. Je me réjouis de votre initiative qui ne m’étonne pas de vous. J’y adhère totalement et je vous dis Merci.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 18:39:37
Message de: Tiago_Jaïme

Ce projet de loi me fait froid dans le dos. J’y vois une usine à gaz. Je suis sidéré par cette pléthore d’intervenants médecins alors que l’accompagnement que je fais de mes parents pour qu’on les soigne, ils ne sont pas à l’article de la mort, me permet de constater que c’est la pénurie et non la pléthore qui règne. Que le suivi est désastreux et fort améliorable.

Bel effort de rédaction que ce texte. Le peuple souhaite plus d’humanité. Le grand intellectuel Jean Paul Sartre pourrait en apprécier la qualité et les efforts accomplis pour lui permettre de rester le Maître de l’Univers à l’instant de sa mort. Mais pour le prolo qui souffre et qui voudrait bien mourir sans souffrir, mais pas forcément demain. Arrêtons tout ! je préfère vivre ! Et dans une semaine ; je veux mourir...Mais Monsieur c’est la cinquième fois que nous sollicitez ! Décidez vous ! Quelle sérénité !

Réclamons le droit de vivre dans la dignité pour tous ! Et méfions nous de légiférer sur tout ce qui est difficile, subjectif et qui relève aussi du spirituel !

Faut-il que tout soit écrit ? Pourquoi nos ancêtres, tout aussi intelligents et cultivés que nous, n’ont ils pas légiféré depuis des siècles et des siècles sur le sujet ?

Je ne consacre pas assez de temps à cette réponse, qui sera imparfaite.

Je précise aussi, que nous pourrons être à la merci de traitements anti douleurs insuffisant qui pourraient conduire le patient à demander la mort, alors que !

Et puis tout ceci est bien plus subtil. Aujourd’hui j’ai le sentiment que si l’un de mes proches était en fin de vie, et s’il apparaissait un consensus familio-médical sur la nécessité d’abréger les souffrances, nous arriverions un jour à agir dans ce sens. Faut-il l’écrire ?, faut-il le formaliser ?. Ne pouvons nous pas vivre la vie et la mort autrement. Je vous recommande l’excellent film japonais "La ballade de Narayama" palme d’or 1983. Ce n’est pas la même chose, mais devons nous l’interdire ou le rendre obligatoire ? Enfin pour tous ceux qui croient qu’il n’y a plus de différence entre un homme et une femme je prétends le contraire. Une mère ou un père ne présenteront pas leur demande de mourir de là même façon. Alors, à vouloir demander à remplir un formulaire ! Que nenni dans ma famille ! Quant à la réponse ; voudront-ils tous un formulaire ? Et s’ils voulaient partir tranquilles sans savoir le jour et l’heure, gardant ainsi l’espérance de se réveiller encore une fois parmi les leurs ?

Il me faudrait travailler davantage le sujet.

Il est bien évident que je souscris à toutes les aides et toutes les dispositions qui permettent à quelqu’un de ne plus continuer à souffrir inutilement. Mais attention au "bon à mourir".

La vie et la mort sont elles du seul ressort de la loi républicaine ?

Dura lex. Sed lex ! Certes ! Et bien justement comment avons nous fait jusqu’à présent ? Qui osera dire que l’euthanasie de fin de vie ne se pratique pas tous les jours et sans le consentement écrit du patient ?

Cela fait des siècles et des siècles, la longue liste des abus ne nous est pas parvenue. Il y en a sûrement eu, mais vraisemblablement en nombre limité.

Le risque de passer de la possible euthanasie à la demande, à la nécessaire euthanasie existera pour plus tard vraisemblablement.

Le problème est délicat et beaucoup plus complexe que mes quelques remarques. Beaucoup plus vaste, beaucoup plus complexe. J’en resterai donc là.

Ne cédons pas aux pulsions médiatiques ! Pourquoi la France entière doit elle se prononcer sur la mort annoncée....Je ne connais pas bien la loi Léonetti...Et si une loi imparfaite nous contraignait à en faire une autre ! Danger !

Connaissez vous John Maïna ? Arrivé en France en mars 2006, en provenance du Kenya. Il n’avait pas 18ans. Il a fait une demande d’asile. Cette demande a été refusée par l’OFPRA en juillet 2007.il a fait appel auprès de la commission ad hoc. Cette commission a refusé son recours fin janvier. John Maïna, logé à Meudon La forêt par une association, a reçu la notification de refus. Il s’est pendu le 15 ou 16 février 2008. Il n’avait pas 20ans. Que tous les jeunes de CM2 du 92 et de France, se souviennent de John Maïna qui est mort par ce que nous n’avons pas voulu donner à ce gamin (du Kenya !) le droit de vivre en France.

Pensée à Chantal. Pour que tu reposes en paix !

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 20:52:52
Message de: Imbert Josette ( une ancienne rocardienne...)

Pour une mort douce, pour la LIBERTE

Pour Chantal Débire Pour tous les Vincent Humbert

Pour nous tous un jour

Cette polémique, récurrente, qui émerge, à nouveau, à l’occasion du martyre de Chantal Épire , me rappelle le drame que tant de femmes, dont moi-même, avons vécu dans le secret, la honte et la peur, je veux parler de la lutte pour l’avortement.

Le parallèle entre ces deux problématiques est frappant et j’espère que nous remporterons enfin la victoire contre tous les conservatismes, les hypocrisies et les fin de non recevoir.

Il faut que cesse ce scandale, en particulier dus à tous ces cul bénits qui se liguent au nom de Dieu et qui ont empêché pendant des décennies les femmes de disposer de leur corps.

S’ils veulent souffrir comme des flagellants, libres à eux s’ils resteraient de marbre si l’un des leurs, leur mère, leur père, leur enfant ,libres à eux

mais qu’ils laissent aux autres cette « ultime liberté » ( F de Closet)

Ce n’est pas aux églises de dicter notre conduite. D’ailleurs lisez cette citation de la Bible que je viens de recevoir :l’exode, chapitre 2, 5° commandement « tu ne tueras point » « Il arriva qu’un temps où Moïse fut devenu grand , il se rendit vers ses frères et aperçut un Egytien frappant un hébreux. S’étant tourné de côté et d’autre et n’ayant vu personne, il tua l’Egyptien et le cacha sous le sable...Pharaon apprit cette affaire et cherchait à faire mourir Moïse , mais Moïse s’enfuit dans le pays de Madian... »(Vous trouverez la citation complète dans la Bible)

Je ne crois pas être méchante mais je souhaite que ceux qui s’acharnent à refuser « la mort douce » ( définition de euthanasie)se trouvent un jour dans la situation de Chantal Sébire ou de Vincent Humbert et je voudrais les voir supplier qu’on leur administre la dose léthale. Et s’ils voyaient leur père, leur mère, leur enfant souffrir le martyre ne changeraient-ils pas d’avis ?

On achève bien les chevaux ! On achève bien les blessés sur le champ de bataille quand on est obligés de les abandonner pour leur éviter l’agonie au fond des tranchées !Qui sait si un « poilu » n’a pas eu cette humanité face à la souffrance atroce des blessés ?

Permettez moi deux témoignages personnels :

Mon père , âgé de 85 ans a eu un grave accident de la route et était en salle de réanimation, intubé sans pouvoir s’exprimer : ses yeux seuls m’imploraient et me disaient sa souffrance ; Je suis allée voir le médecin et lui ai demandé si mon père avait des antalgiques. Il a reconnu qu’il en avait très peu. Devant mon insistance et son refus, je lui ai dit : » Si c’était votre père, que feriez-vous ? » Il a paru ébranlé et , après un instant, m’a dit qu’il allait faire comme si c’était SON père et je pense qu’il a augmenté la dose pour le soulager.

Deuxième exemple : mon fils âgé de 18 ans a été victime d’un accident de moto. Il est décédé dans l’ambulance . On m’a d’abord prévenue qu’il était dans un état très grave : j’ai compris que c’était très grave et souhaité qu’il fût mort plutôt que paralysé : malgré mon infinie douleur, qui est toujours présente 34 ans plus tard, je n’ai jamais changé d’avis : imaginez qu’il pourrait être paralysé depuis tout ce temps !!

Alors, assez d’hypocrisie, assez d’arguties, du style :
-  il y aura des abus,
-  on va se débarrasser des handicapés( peut-être faudrait-il arrêter de réanimer des nouveaux-nés de plus en plus petits...)
-  on va tuer des vieux ( et si ceux -ci veulent mourir pour eux-mêmes, pour ne pas peser sur leurs enfants , sur la société et préfèrent que l’on consacre davantage d’argent aux vivants ,pour les loger dignement, aux pauvres ,aux enfants, en particulier ceux qui sont malades , ??)

80% de la population est pour le droit de

CHOISIR SA MORT

Et quand on a des relations et de l’argent, ( comme autrefois pour l’avortement) on trouve des solutions. Comment croyez-vous que Mireille JOSPIN a pu se donner la mort : elle était d’ailleurs adhérente de L’ADMD dont je suis membre depuis plus de vingt ans.

Il faut que cette situation cesse !

Lisez le dernier livre de F.de Closet » Le divorce français « et en particulier le chapitre sur l’euthanasie : il explique comment ont été choisis les membres appelés à se prononcer : 80 adversaires plus ou moins déclarés de l’euthanasie et un UNIQUE défenseur de la liberté, le sénateur Caillavet : des philosophes, des scientifiques, des juristes , soigneusement sélectionnés qui se prononceront tous contre la légalisation de l’euthanasie et le plus souvent contre toute forme de législation et aucune des personnalités favorables et incontestables comme H.Reeves, E.Beaulieu M.Onfray P.GdeGennes A Comte Sponville ...

Et voilà que l’ambitieuse et si contestée R.Dati se permet de rajouter son grain de sel à celui de C.Boutin : qu’elle aille chez Dior dépenser l’argent du contribuable, au mépris du peuple qu’elle a si vite oublié ne suffisait pas ?

Assez de discussion ! Assez de commissions fallacieuses ! Assez de faux semblants !

Que les « élites » à qui le peuple a confié le pouvoir entendent enfin les citoyens au lieu de ne penser qu’à leur carrière !

Une infirmière courageuse, Christine MALEVRE croupit encore en prison pour avoir fait acte de compassion et parce que les élites fuient leurs responsabilités !

CA SUFFIT !!

Libérons madame Chantal Sébire !

Et tous les autres dont nous serons un jour !!

Villeurbanne , le 18 mars 2008

Josette IMBERT 83 rue du premier mars 1943 69100 VILLEURBANNE 0478031284 Jo.imbert@wanadoo.fr

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-20 22:46:05
Message de: Alain Cophignon site : Bravo et merci

Philosophe, ancien adhérent du PS et de "Solidarités modernes", aujourd’hui membre du Modem et avocat convaincu du "Oui" à la Constitution européenne en 2005, je ne partage pas toujours l’itinéraire de Laurent Fabius.

Néanmoins, ayant la double nationalité franco-suisse ce qui me rends particulièrement attentif à la disparité de vues entre les deux pays sur ce sujet d’éthique, dont la portée dépasse de très loin beaucoup d’autres discussions d’ordre politique, je ne peux ici qu’adresser un profond bravo et un sincère merci à Laurent Fabius.

Jusqu’à quand, en effet, l’imprécision de la loi Leonetti servira-t-elle de paravent à l’hypocrisie morale et au refus d’affronter, dans un Etat laïc, l’ultime échéance ?

Quant à se retrancher derrière "l’émotion de l’instant", ce n’est pas sérieux : l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité y travaille depuis longtemps. Saisir l’opportunité d’y travailler au parlement n’est qu’affaire d’agenda politique.

ATTENTION AUX DERIVES

Le 2008-03-20 23:55:51
Message de: Tanguy

Bonsoir Mr FABIUS,

J’espère que mon mail ne sera pas censuré, que le débat démocrate sera respecté et qu’il sera diffusé notamment à Mr Laurent FABIUS à qui je m’adresse.

Je viens de lire votre proposition de Loi sur l’euthanasie, et je suis effondré... Je vous explique pourquoi :

J’ai un frère malade atteint de schyzophrènie, et malheureusement je ne vois pas d’issue pour lui dans notre monde actuel : il passe de centre psychiatrique en centre psychiatrique depuis 10 ans maintenant. Son état ne s’améliore pas : il s’est même dégradé...

Il va certainement voir votre proposition. Et j’ai très peur car il rentre dans vos critères d’euthanasie...

Rendez-vous compte de l’impact que va avoir votre Loi dans tous les établissements où des milliers de malades sont ‘enfermés’ dans leur maladie ? Personne ne pourra dire qu’ils ne rentrent pas dans vos critères... Dans les centres psychiatriques, il y a beaucoup de tentatives de suicide... Alors, si vous leur donnez ce droit-là, ce sera une hécatombe... d’autant qu’on (la famille) n’aura pas son mot à dire puisqu’il s’agit d’un DROIT INDIVIDUEL. Effarant, intolérable... TOTALEMENT IRRESPONSABLE.

Ma crainte, c’est donc "les dommages collatéraux" (si je puis dire). Et je vous mets au défi d’empêcher cette dérive... Ce qui est sûr, c’est que votre texte abonde dans le sens de cette dérive : cela est certain...

Je vais voir mon frère ce WE : j’espère qu’il ne va pas me parler dans ce sens-là... mais j’ai peur que tout cela bouillonne trop dans son esprit.

Comme disait une auditrice à la radio : « je préfère qu’on change notre regard sur ces gens-là plutôt que leur demander à eux de changer leur façon de voir les choses... ». J’imagine que je vous étonne si je vous dis que, quand je dis à mon frère que je l’aime, il me fait un grand sourire...

J’espère que cette Loi ne va pas condamner mon frère... mais j’ai très peur pour la suite quand je vois le tintamarre médiatique... Evidemment, si votre Loi passe et qu’il se passait un malheur pour mon frère, je vous tiendrai personnellement informé... J’espère que cela n’arrivera pas car j’aime mon frère et que c’est réciproque, mais si un malheur devait se produire, préparez-vous à me ‘revoir’ car j’attendrai une réponse de votre part...

Merci de m’avoir lu, et merci de me donner une réponse.

Tanguy

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 06:34:01
Message de: Alain

Etant membre de l’association Vincent Humbert, je ne peux que soutenir cette proposition !Nous venons de vivre un deuxième cas avec Chantal Sébire. D’autres cas, comme ceux évoqués ci-dessus, peuvent-ils faire prendre conscience, qu’il est largement temps de prendre une décision et la mise en place d’une loi ! Laurent tu as toujours défendu Marie Humbert, tu le prouves encore. @mitiés Alain

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 07:47:02
Message de: Jean-Louis GALLET

L’initiative est remarquable. Mais il me paraît invraisemblable que la commission envisagée soit présidée par le préfet et non par un magistrat de l’ordre judiciaire, l’autorité judiciaire étant gardienne de la liberté individuelle, dont fait partie la dignité humaine. Jean-Louis GALLET

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 14:53:45
Message de: fendum site : merçi mr fabius

bravo mille fois mr fabius, cette proposition va dans le bon sens, ( vous elevez le niveau du debat) ,nous commençons à comprendre pourquoi francois mitterand vous aimez tant, vous etes trop intelligent, il nous faut des leaders comme vous , à ceus qui vous insultent nous leur demandons juste de nous produire leurs articles de loi enfin de faire changer la vie des pauvres gens, encore une fois merçi au nom des parents , familles qui souffrent , merçi de pensez à nous , nous vous aimons bien

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 15:21:48
Message de: Denis Beaulé

En jeu : le laisser-mourir, l’aider-à-mourir, le faire-souffrir, la revendication d’un droit-à-la-mort-intentionnelle, le faire-cesser-de-souffrir (ou y aider), la dignité, la lucidité, la liberté, l’universel, le particulier, l’exception. Tout d’abord, il n’y aurait pas eu un tel niveau de problématique de cet ordre, s’il n’y avait pas eu, auparavant, autant d’acharnement thérapeutique, autant d’« obstruction » à la mort. Secundo, le (droit au) laisser-mourir semble maintenant, lui, faire assez consensus. Là où il y aurait encore « problème », ce serait en la vaste zone allant d’une revendication au droit de mourir délibérément et d’être assisté médicalement à cette fin, — indépendamment qu’on soit considéré souffrir « objectivement ’suffisamment’ » pour y être « admissible »... —, au droit à la liberté de mourir et d’être assisté à cette fin lorsqu’on souffre insupportablement (seulement) et/ou qu’il n’y a pas de perspective de remédiation possible à court terme à un état estimé intolérable. Il s’agirait, semble-t-il, de déterminer OÙ se trouve la plus grande dignité humaine : en la complète liberté de choix, en la préservation de la vie à tout prix ou entre-deux, en la possibilité d’interrompre une vie qui n’en serait plus (considérée) une, au gré d’abord de la personne en cause, puis du médecin traitant, suivis (le cas échéant) d’au moins une personne significative (de confiance) pour la personne en cause, ainsi que du sens (le plus) commun (de la Communauté), là et au moment où advient cette interpellation à/de la mort. À noter qu’au regard du considéré sacré de la vie humaine, LA Question semblant se poser ici avec acuité, c’est : « Qu’est-ce que la vie » ? Quand, où, comment, en qu[o]i y a-t-il vie ? Physiquement, mentalement, intellectuellement, physiologiquement, cérébralement (neurologiquement), relationnellement, motricitément, spirituellement ? Ou : (Jusqu’à quand ou jusqu’à « quoi ») faut-il persister à ajouter durée à la vie ou/plutôt que tendre à ajouter vie au temps, aux gens ou au[x] sens ?

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 15:25:59
Message de: Claire BAZIN site : Loi Leonetti

Merci pour ce nouveu texte. La loi Leonetti est méconnue des praticiens et encore plus des citoyens,rien a été fait pour la divulguer ! les établissements hospitaliers se font bien souvent "tirer l’oreille pour mettre aux normes les textes de loi (déclaration anticipées etdésignation de la personne de confiance)Si une nouvelle commission se crée il faut penser aux représentants des usagers, ils sont présents au CRUQPC et représentent les malades mais aussi les accompagnantsMerci.Claire

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 17:06:44
Message de: Jean-Marie

Cette proposition de loi à le mérite d’imposer un nouveau débat sur la fin de vie mais il ouvre la boite de Pandore.

Le projet me semble lourd à mettre en oeuvre avec un risque important d’être détourné de son objectif principal, c’est-à-dire atténuer les souffrances individuelles.

Ensuite, la Commission présidée par le Préfet de Région me semble inopportune dans cette construction qui devra pallier également à une difficulté majeure : la carence de médecin.

La solution pourrait passé simplement par la saisine d’un Comité Consultatif National de médecine. Celui-ci serait composé des professeurs de médecine. Ils rendraient un avis après audition du médecin traitant. Un collège analyserait le dossier médical, éventuellement le patient et reccueillerait sa volonté après que celui-ci est rencontré un psychiatre. L’euthanasie interviendrait à l’hôpital après une période réflexion de six à huit jours avec la faculté d’y renoncer.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 17:43:21
Message de: syb

Je vois dans cette loi la porte ouverte à toutes les dérives : on abrégera la vie de nos parents pour ne plus avoir à les voir souffrir... Ce sera donc un acte égoïste des bien-portants envers les malades. Je ne parle même pas des héritages !

Quant à l’idée que le corps médical puisse décider de l’assassinat d’un malade, cela a été fait une fois : par Hitler, en 1939.

J’imagine que cela deviendra une manière très commode de libérer les lits d’hotpitaux occupés par des gens dont personne ne veut plus et qui ne meurent pas assez vite ! Où est la dignité, là-dedans ?

Je ne vous félicite donc pas du tout de proposer le meurtre institutionnalisé. La manière dont l’ADMD a manipulé les médias autour de la mort de Mme Sébire ne rend pas hommage à notre démocratie.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 21:05:11
Message de: Nicole Liautard site : mourir dans la dignité

Il faut reprendre les propres mots de Chantal Sebire pour contrer tous ceux qui nient la liberté individuelle d’une personne qui, possédant toute sa raison, demande à ce que la loi respecte sa personne. Nous sommes très nombreux en France à demander que la liberté, l’égalité et la fraternité ne soient pas un vain mot (associations politiques, individus)La notion de liberté définie par Kant doit pouvoir être comprise par des gens de bonne foi. Voilà une occasion de regrouper un ensemble de forces pour faire progresser la démocratie merci M. Fabius N Liautard

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-21 21:48:18
Message de: judith site : thank you so much

merçi mille fois à mr fabius, nous sommes tres heureux ,nous parents de sa proposition, bravo , si vous avez une autre proposition de loi , communiquer alors on verra , au lieu d’etre rancunier , sans raison, pourriez-vous nous dire si l’on acquitté votre femme , fils , fille par un tribunal de la republique (qui avait toutes les raisons, preuves,...) vous diriez que votre femme , fils , fille est coupable et n’a plus droit de parler de santé , logement , wow , ....pour nous parents , nous disons que ces experiences ont provoquées des blessures qui ont muris les hommes comme mr fabius , je n’ai aucun souvenir d’un politique qui desires organiser des crimes içi en france pour monter dans les sondages , etc... dirions-nous que raffarin avait tué (canicule) , avons-nous vu mr fabius dans un hopital entrain de transfuser ou dans un labotoire pour receptionner du sang, non les malheurs n’arrivent pas qu’aux autres , mais il a été courageux , c’est le destin , beregovoy s’etait suicider à cause des gens comme vous qui aiment salir, tuer les autres sans regarder la vérité en face , peut tu nous dire si vous aviez vu mr fabius dans un hopital en blouse blanche entrain de faire la transfusion , ou dire prenez tel sang , injecter , etc... un politique est là pour gouverner un pays mais quand les accidents arrivent sur la voie rapide , le conducteur est responsable , c’est ne pas chirac , sarko , il ya l’alcool , la vitesse , ... les problemes perso , le corps medical , la vache folle , c’est un virus , mais voyons le degat que ça cause , comme ebola , ... les morts à cause de la fievre (ile de la réunion) est-ce devillepin qui est responsable ,

mr fabius est un deputé , il faut qu’il fasse son travail , il a de l’experience , donc pour des sujets comme ça on a pas besoin des polemiques , arreter la haine , non à la haine sans raison , bravo mr fabius continuez , il faut de la bouteille pour diriger un pays , voilà pourquoi comme mr mitterand ,nous sommes fier de vous , proposition contre proposition ,

dites-moi si mr sarkozy n’a plus droit de parler des banlieues( emeutes de banlieues) ? de l’afrique ?

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-22 06:29:30
Message de: IDE 89

Infirmière en cancérologie puis en gériatrie, j’ai eu parfois à faire face à des situations difficiles de fin de vie. Dans l’absence d’une législation, les équipes médicales auxquelles j’apartenais ont effectué des euthanasies sans concertation, ’en douce". La loi Leonetti a certes apporté une grande avancée en légitimant nos pratiques de soins palliatifs déjà justifiées et en place de longue date, cependant nous nous retrouvons bien souvent encore démunis face à la détresse et à l’agressivité des malades ou des familles devant la perspective d’une mort en souffrance, sans le soutien nécessaire d’un véritable services de soins palliatifs( formalisé à l’hôpital local, mais pas opérationnel dans les établissements voisins faute de moyens..) De ce vécu se dégagent deux réflexions :
-  autoriser l’euthanasie active dans des cas exceptionnels permettrait d’ouvrir le débat au grand jour par les soignants confrontés à cette situation et d’en discuter avec les personnes directement concernées ( malades, familles)en envisageant sereinement toutes les éventualités
-  la loi Léonetti ne reçoit pas actuellement les moyens techniques et humains de son application ; il faut développer les équipes compétentes en soins palliatifs avec des médecins compétents pour soutenir les généralistes, des psychologues. Avec ces avancées, à l’instar du débat sur l’IVG, l’euthanasie ( pratiquée dans le secret des milliers de fois chaque année) ne connaitra certainement pas une extension mais , c’est à souhaiter, une diminution due à une sincérité courageuse de la société.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-22 10:55:04
Message de: Geve74

Oui, bien sûr, bravo ! Mieux vaut tard que jamais ! Mais pourquoi faut-il donc des drames pour que, enfin, les parlementaires prennent en compte la demande de ceux qui les ont élus. Car enfin, cela fait des années que des associations, comme l’ADMD, réclame une nouvelle loi et ceci avec l’approbation de 80 % de la population ! L’ADMD a même rédigé une proposition écrite. Pourquoi avoir tant attendu ?

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-22 11:16:53
Message de: Guy Vignoud site : Pourquoi avoir tant attendu ?

Oui, bien sûr ... Bravo M. Fabius ... Mieux vaut tard que jamais ! Car enfin, pourquoi faut-il attendre des drames pour que les parlementaires prennent enfin en compte la demande de ceux qui les ont élus. Voilà des années que des associations, comme l’ADMD, réclament une loi (souhaitée par plus de 80% de la population) qui encadre et autorise l’aide active à mourir. L’ADMD a d’ailleurs rédigé une proposition concrète, dont vous avez bien évidemment eu connaissance. Pourquoi l’avoir ignorée si longtemps ? Merci Chantal pour avoir réussi à réveiller les consciences de nos députés.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-25 15:15:27
Message de: Gilles THOMAS

Proposition de loi tout à fait équilibré. Bravo ! Mais la majorité parlementaire aura-t-elle le courage d’aller jusque là, sachant la désapprobation du corps médical ?

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-25 19:47:13
Message de: le curieux site : la compassion ne doit pas être aveugle

Tous ces gens si péremptoires dans leurs affirmations font froid dans le dos.Quand on souffre le martyre, il est bien rare, si l’on sait qu’il n’y a plus rien à espérer, qu’on ne décide pas soi-même de sa fin.Et pour les malheureux en toute fin de vie, il existe des soins palliatifs de plus en plus efficaces, dispensés par des gens admirablement dévoués. C’est dans ce domaine qu’il y a à faire : multiplier ces services, favoriser la recherche pour faire encore progresser ce type de soins. Nous avons, et c’est un acte de progrès de civilisation, mis un terme à la peine de mort, même pour les plus ignobles criminels. Ne vulgarisons pas l’euthanasie. Cela doit rester un dernier recours, du strict ressort de la famille et du praticien, mais pas sans avis collégial de la médecine, et non d’hypothétiques commissions.On aura beau, la main sur le coeur, certifier que toutes les précautions seront prise, nous savons tous, y compris ceux qui sont partisans de faire mourir ceux qui souffrent,qu’il y aura des dérapages,des détournements de loi, comme pour toutes les lois.Prenons garde , par générosité, de contribuer à instaurer un monde cynique, inhumain. Tant de bons sentiments ont amené des effets regrettables.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-26 12:00:54
Message de: citoyenne libre

Je lis, j’entends de nombreuses prises de position du monde des soignants ! La mission parlementaire après "l’affaire Humbert" a auditionné tout ce que comptent les instances religieuses monothéistes, les membres du corps médical, des soins palliatifs ...Enfin,aucun malade, aucune association de patients n’ont été entendus ;les membres de la mission ont-ils rencontré en Belgique des médecins pratiquant les aides à mourir comme leur permet la loi ? Le problème essentiel de notre société est le refus d’envisager la MORT, même par de nombreux soignants qui y voient toujours un échec ...Certains se voudraient immortels ! la science a laissé penser que l’on pourrait pallier les risques inhérents à la VIE ! mais on meurt toujours aujourd’hui et dans des conditions inadmissibles. Allez passer quelques heures au chevet de personnes en fin de vie ! Certains avancent que la vie est sacrée ! quid des gens que l’on envoie de tout temps au champ de bataille . Et surtout il y a ce refus de laisser à l’individu la LIBERTE de ses choix : on pense à sa place, on sait ce qui est bon pour lui,on le tient en dépendance, c’est celà qui justifie la non appropriation des quelques avancées de la loi dite "Léonetti".Les médecins , les religions ne sont pas prêtes à "lâché" leurs prérogatives , leur pouvoir voilà pourquoi il y a un gouffre entre la "société civile" et les institutions ! Chantal Sébire était une intrusion dans ce monde concerté merci aux médias d’avoir relayer sa révolte,sa demande, ses espoirs : elle a porté la parole de tous ceux à qui l’ on ne la donne pas ;alors manipulation ? On ne se questionne guère sur les manipulations opérées depuis leur enfance de certains"donneurs de leçons morales" Merci aux politiques de prendre ce problème avec attention : il y a des pays où une loi existe et fonctionne n’ essayons pas de réinventer ce qui peut servir de base à la réflexion, puis passage au concrès c’est ce que nous attendons de vous , Vite la souffrance physique ou psychique n’ attend pas ! chatbal@wanadoo.fr

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-03-28 15:35:04
Message de: Denis Beaulé

« Souvenez-vous de ce que disait Rousseau, lorsqu’il s’agit de légiférer : d’abord écartons les faits... afin de ne pas légiférer dans l’émotion et le particulier », dites-vous, monsieur Silvagni. De même qu’en conclusion : « Méfions-nous de l’émotion qui fait faire de mauvaise loi. » C’est vrai. Mais peut-être tout aussi vrai que, comme y insistait à son tour un Hume, la morale pourrait bien être plus proprement sentie que jugée. Cela évoquant et Vauvenargues (« Les grandes pensées viennent du coeur ») et Rousseau lui-même, face à son Bon sauvage. Bon, justement, sous l’impulsion non réfléchie. Les exemples ne manquent pas en ce sens. Gide également aura vu le démoniaque, en maints héros dostoïevskiens, plutôt chez ceux tout empreints de rationnel que chez d’autres, mus davantage par le sentiment.

Cela dit, il est bien sûr que pas plus une loi qu’une valeur fondamentale ou qu’un principe général (une éthique) ne sauraient se passer de raison ou se fonder sur l’émotion d’un moment, si intense ou pathétique soit-il. Il doit nécessairement y avoir mariage assorti de l’une et des autres. L’émotion inspirant la raison, celle-ci tempérant et contingentant celle-là.

On ne peut ne pas remarquer, parmi les commentaires, qu’il s’en trouve encore de très anxieux ou craintifs face à l’éventualité d’une universalisation formelle du droit à l’euthanasie. Susceptible de dégénérer. En effet, qui sait quelle « direction » pourrait prendre concrètement, à moyen ou long terme, une loi libéralisant l’euthanasie active. Considérant de quoi sont capables les humains (on n’a pas oublié Hobbes, n’est-ce pas). Ce qui, au départ, serait et en principe et en pratique un droit strict exclusivement à, ne pourrait-il glisser assez rapidement en une sorte de ’devoir’, une ’obligation’ ou une « banalité », une « simple formalité », — pour ceux qui ne sont pas la personne objet d’euthanasie en perspective —, de « disposer » avec un peu trop de diligence ou de légèreté, trop souvent, de la vie de trop de monde ? Et comme l’objecte Tiago_Jaïme, ci-dessus : « Faut-il que tout soit écrit ? » Probablement pas.

Voilà pourquoi, bref, oui, une loi si nécessaire mais pas nécessairement une loi à cet égard. La nature humaine étant facilement encline à la pulsion de mort et ayant constamment besoin de freins pour ne pas « déborder ». Comme l’euthanasie active, « idéalement », ne saurait être qu’exceptionnellissime, peut-être vaudrait-il mieux alors ne pas légiférer expressément à ce sujet. Et se borner plutôt à « gracier » seulement a posteriori, dans l’après-coup, ceux-là seuls pouvant être considérés avoir agi de manière à la fois aussi humaine et honnête que possible en les circonstances. Autrement dit, ne pas autoriser a priori formellement l’acte, mais ne pas le punir non plus, lorsque celui-ci, exceptionnellissimement toujours, peut, après coup, y compris rationnellement, être considéré non condamnable, considérant l’ensemble de la chose. Étant assuré notamment que c’est bien ce que voulait, continûment, la personne même euthanasiée. (Mode de dénouement, donc, qu’on pourrait qualifier d’« amnistie d’euthanasie »). Il semble en effet que LA chose dont il faille être absolument sûr en pareil cas, c’est que ce soit bel et bien ce que voulait LA personne impliquée, et ce de façon constante aucunement ambivalente - mourir -, en y étant assistée. On sait, n’est-ce pas, qu’il arrive que des mourants ou présumés « demandeurs »-à-mourir n’aient plus guère une voix aussi audible que celle de feu Pavarotti ou que celle d’une Céline Dion, aux derniers moments... Ils peuvent donc très bien en réalité ne plus être tout à fait sûrs de vouloir s’en aller, tout en n’étant plus capables de le manifester de manière assez claire ou « convaincante ». Et voilà pourquoi concernant l’euthanasie (sa perspective ou son ’projet’), la maxime « Dans le doute, abstiens-toi » devrait s’appliquer rigoureusement et scrupuleusement, plus à qu’à l’égard de qu[o]i que ce soit d’autre.

Arbitraire ? Bonne question. Mais qu’est-ce qui ne l’est pas ? Le « modèle » suggéré ici ne serait rien d’autre en fait que ce qui a cours au chapitre du pouvoir discrétionnaire de la police qui, en certains cas, estime, le plus souvent à raison, pouvoir ou devoir parfois fermer les yeux sur quelque infraction à la loi. Il pourrait en être de même à l’égard de personnes ayant délibérément, exceptionnellissimement, aidé quelqu’un, souffrant suréminemment, le lui demandant, à lui fermer définitivement les yeux.

Il est assez curieux, enfin, d’en voir d’aucuns arguer que le suicide étant affaire strictement et exclusivement personnelle, censément, l’intervention d’un ou de tiers, à des fins d’euthanasie, elle, n’aurait guère lieu d’être ou ne serait pas véritablement nécessaire. Or, ce n’est pas la même chose, loin s’en faut, de s’« administrer » la mort, seul, comparé à obtenir, aux fins de sa mort, le concours de proches, d’un professionnel ou d’une équipe de professionnels, ou encore ou en plus celui d’un groupe-conseil plus large, pluridisciplinaire, de « décideurs » à cette fin. Car en ce cas-ci, la ’chose’ est communautaire ou altruiste ou encore « scientifique » et peut sembler, au moins, approuvée, « autorisée » ou ’légitimée’ [par d’autres] ; alors qu’en ce cas-là, la personne peut se trouver bien seule, voire égocentrique, d’avoir à tout décider et agir toute seule.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-04-01 13:40:33
Message de: MASSIN

NOUS SOMMES REVENUS AU MOYEN-AGE GRACE A MR SARKOZY - JE ME DEMANDE SI JE NE VAIS PAS SOUHAITER A CET INFAME PERSONNAGE DE MOURIR D’UNE MALADIE ORPHELINE. IL SERA AU MOINS CE QUE C’EST DE SOUFFRIR CE CONNARD. HORMIS LES NANTIS, J’AI DONC COMPRIS DEPUIS TRES LONGTEMPS D’AILLEURS QUE POUR NICOLAS, ET A DESTINATION DU PROLO, C’EST MARCHE ET CREVE DANS LA SOUFFRANCE. MR SARKOZY, VOUS N’ETES QU’UNE M....... FUMANTE ET FUMEUSE ARCHAIQUE DE SURCROIT.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2008-04-02 17:02:01
Message de: Jean Sarfati

Je propose de changer de perspective : au lieu de se focaliser sur le nombre infime de personnes désirant mourir, ce qui promeut ladite "euthanasie" -la soi disant "bonne" mort- , d’ouvrir notre regard sur l’ensemble immense des personnes en fin de vie ; et donc de remplacer le concept d’ "euthanasie"=bonne mort par celui d’"EUBIOTéLIE"= bonne fin de vie. L’euthanasie, qu’on pratique sur les animaux, implique qu’il y aurait une "bonne" mort, ce qui est faux et a nourri la politique de l’Etat nazi ! Au contraire, l’eubiotélie implique la prise en charge par la société de TOUTE la période de fin de vie, avec les moyens financiers nécessaires. Et alors DANS CE CADRE peut sainement être intégré le projet de L.Fabius pour ces moments extrêmes où il faut médicalement aider à vaincre la souffrance. Sinon on s’expose à l’abus d’économie financière (la pente du nazisme...), ou encore à celui de faire prévaloir notre dégoût de l’aspect dégradé de l’autre pour le faire commodément disparaître. C’est je le crains ce qui est advenu avec Mme Sébire : il ne faut jamais oublier que c’est le désir de l’autre qui nourrit notre envie de vivre, et si son désir est désir de mort, alors on risque de voir se multiplier les demandes de suicide assité. Dr Jean Sarfati. pédopsychiatre et psychanalyste.

Chantal Sébire : mourir dans la dignité

Le 2009-01-09 14:56:28
Message de: René GUERINOT

En lisant certaines réactions,je suis inquiet.En effet,je suis un "grand malade", sous morphine depuis des années et bien sûr,je veux mourir dans la dignité,mais ne pas être victime d’une politique qui voudrait aucune souffrance. Or,certains perdent leur contrôle et pourraient accélérer la fin de vie de personnes qui veulent vivre,même en souffrant. Sur un tel sujet,je déteste les impolitesses. Mon épouse,retraitée de la santé publique,peut témoigner que certaines personnes,désirant mourir,elles sont à bout,disent-elles et lorsque l’infirmière a un peu de retard dans la distribution de comprimés,rouspètent et accusent de vouloir leur mort. Prudence donc.



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